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Grand Ensemble Vocal d'Annecy

Activité du Grand Ensemble Vocal d'Annecy

Misa Criolla

Publié le 11 Avril 2013 par Pierre Launay in Misa Criolla

Misa Criolla

Très difficile de trouver des infos dignes de ce nom sur la Misa Criolla. On peut voir sur Wikipédia qu'elle date de 1963, qu'elle est de Ariel Ramirez et qu'elle est en langue espagnole et non en latin, conséquence du concile Vatican II dont elle est contemporaine. Ce concile a duré de 1962 (sous Jean XXIII) à 1965 (sous Paul VI), et a décidé entre de nombreuses autres choses que la messe serait désormais dans les langues locales et non plus en latin.

Bon.

Soit.

Misa Criolla

On trouve aussi quelques informations sur Ariel Ramirez qui n'était pas un musicien qui lavait plus blanc, mais un compositeur débonnaire et connu d'oeuvres d'expression populaire.

Mais c'est un peu court.

Bien sur, si on fouille, on trouve tout un paquet de choses qui intéressent les spécialistes de la spécialité. Moi, je me souviens de cette époque lointaine (pas 1963, là j'étais tout petit, mais 65/67 : j'étais enfant de choeur et mon derrière se souvient que l'abbé chaussait du 44) où l'église se parait, d'une manière un peu ridicule, des atours de la variété. C'était le temps des yéyé, du rock & roll, des cheveux longs et des idées courtes, de Johnny, Antoine et compagnie qui taillaient des croupières aux toujours vaillants Jean Sablon et Georgette Plana, et on essayait à la messe des mélodies au départ assez swing, que les chorales paroissiales remâchaient jusqu'à les rendre méconnaissables. Je me souviens d'un Notre Père que tout le monde chantait partout, mais où la mélodie assez simplette et pas désagréable était étirée comme de la guimauve et truffée de faux accents du style : "Notreu Pèreuuuuu qui êt'z'ocieuuuuuux... etc." J'ignore si cette mode a enrayé le déclin des vocations, mais il est peu probable qu'elle ait attiré beaucoup de mélomanes...

Ils ressemblaient plus ou moins à ça. Jean Sablon était moins jeune mais il avait toujours un sourire magnifique !Ils ressemblaient plus ou moins à ça. Jean Sablon était moins jeune mais il avait toujours un sourire magnifique !
Ils ressemblaient plus ou moins à ça. Jean Sablon était moins jeune mais il avait toujours un sourire magnifique !Ils ressemblaient plus ou moins à ça. Jean Sablon était moins jeune mais il avait toujours un sourire magnifique !

Ils ressemblaient plus ou moins à ça. Jean Sablon était moins jeune mais il avait toujours un sourire magnifique !

Misa Criolla

Dans cette ambiance démoralisante, l'arrivée de la Misa Criolla était une bouffée d'air frais. Elle avait le son orgueilleux et les rythmes stimulants des chansons engagées contre les dictatures sud-américaines qu'aimaient particulièrement nos professeurs d'histoire-géo (qui plus tard nous emmèneraient écouter dévotement Paco Ibanez), et en même temps on ne pouvait ignorer leur caractère religieux. Une religion enjouée et festive, voilà qui était d'un exotisme absolu ! Mes parents qui supervisaient avec acuité la moralité de mes soeurs ainées, avaient d'abord regardé avec suspicion cette musique trop "jeune", mais y avaient finalement consenti sans trop savoir qu'en penser. Après tout ça n'était pas pire que le tango que mon père dansait très bien, mais toutefois pas à la messe...

Misa Criolla

Je ne me souviens pas que cette Misa Criolla ait cependant connu une longue carrière dans les églises. Le disque était excellent et tout le monde l'avait pour l'écouter sur son équipement de Haute-Fidélité, mais dès lors qu'il s'agissait de la chanter soi-même, c'était une autre affaire. Les guitaristes, flûtistes des Andes, percussionnistes, ça ne courait pas les rues, et les versions paroissiales accompagnées par des harmoniums plus ou moins asthmatiques oscillaient entre le "pas convaincant" et le "parfaitement grotesque"...

Misa Criolla

On est vite revenus au "Notreuuu Pèreuuuuu..." à la déliquescence duquel nous étions désormais accoutumés et qu'il me semble avoir encore entendu récemment dans une version si détériorée qu'elle en devenait surréaliste, relevant quasiment du "bruitisme", de la défunte "musique concrète" chère au regretté Pierre Schaeffer, ou peut-être des Hoffnungs' Festivals dont je ne saurais trop conseiller l'écoute pour se dilater la rate.

Hoffnung : sérieusement délirant !
Hoffnung : sérieusement délirant !

Hoffnung : sérieusement délirant !

Quoiqu'il en soit, c'est notre tour de nous attaquer à cette petite partie des Andes.

Ces musiques montagneuses ne sauraient nous résister. Il ont la coca, mais nous avons le Reblochon ! Que le meilleur gagne !

Misa CriollaMisa Criolla
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